Faut-il s’aimer?

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D’abord, que ressentez-vous?

Si quelqu’un vous dit: « il faut que tu t’aimes! », comment vous sentez-vous?

Moi ça me fait le même effet que quand on m’a dit, un jour, « il faut lâcher prise! ».

Et ça a le même effet quand on dit à une personne effrayée, « il ne faut pas avoir peur! ». Ou à un enfant qui pleure « faut pas pleurer! »

Non seulement ça n’aide pas à se sentir mieux, mais au contraire, ça induit l’idée qu’on ne fait pas ce qu’il faut ou qu’on a tort… ce qui a pour conséquence la culpabilité, et une dégradation de l’image de soi.

Amour et violence

J’ai fait l’expérience d’une chose singulière au cours de mon cheminement spirituel: la violence au sein même de ce qui se veut non-violent. Je parle ici de violence subtile, si subtile que l’on ne s’en rend pas forcément compte. Et ça passe par le choix des mots.

Comment parler d’amour, de paix, de pardon peut-il être violent?

Dès que ça devient un dogme, un devoir, une obligation. Quand ça vous donne l’impression que vous n’êtes pas quelqu’un de bien ou de « comme il faut »… vous voyez? La notion même d’un « il faut » absolu engendre de la tension et de la violence.

Une vision scolaire de la spiritualité

Ce choix de mots traduit une vision selon laquelle il y a les gens biens, ceux qui sont vraiment « spirituels » et les autres. Et bien sûr, ce sont ces gens qui se considèrent comme vraiment spirituels qui sont toujours prêts à vous donner de bons conseils, comme « tu devrais faire un travail sur toi », par exemple.

Vous vous reconnaissez? Moi oui. J’ai eu tendance à voir les choses comme ça, à un moment donné. Et ça me fait sourire. Ça me fait sourire parce que je me sens amusée par le sérieux que je mettais à « faire les bonnes choses » pour être la bonne élève, comme à l’école. Amusée aussi par l’ignorance que j’avais alors, et attendrie par ce désir si vif de bien faire.

Au fond, ce que je voulais, c’était la paix. Je voulais ne plus souffrir, et être aimée.

En quête d’absolu

Je voyais alors l’évolution spirituelle comme une échelle ou un escalier dont on gravissait les marches une à une pour arriver à un stade abouti, un endroit où tout est parfait, où nous ne souffrons plus jamais, où nous aimons tout inconditionnellement, où tout n’est que pur bonheur, pur amour et pur joie.

La réalité de mon expérience, c’est qu’il n’y a pas de ligne d’arrivée. Il n’y a pas d’endroit où quoi qu’il se passe, rien ne réagit en moi. Il n’y a pas d’endroit où « l’égo » (le sentiment d’être séparé et d’agir personnellement) disparaît à tout jamais.

Et la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a PAS besoin de ça pour être en paix et heureux!

La détente vient quand on accueille au lieu de lutter

On n’a pas besoin d’être un être illuminé, ni de maîtriser une technique ou une autre pour vivre la paix et le bonheur maintenant. Je le sais, parce que je le vis.

Cela ne signifie pas que je ne vis QUE de la paix et de la joie à chaque instant. Cela signifie que quoi qu’il arrive, quelles que soient les émotions et les sensations qui me traversent, même si je ressens de l’agitation, au fond de moi, il y a toujours cet espace infini d’accueil, de paix et d’amour qui peut ouvrir grand les bras à TOUT  ce qui survient. Il y a une détente profonde qui s’installe quand tout ce que nous ressentons peut être accueilli, bienvenu, entendu, reconnu. Quand le vivant a la place et l’autorisation de circuler librement. Même quand ça ne circule pas librement, justement!

Oui et non, ça dépend!

Alors, à la question « faut-il s’aimer? », je répondrai que cela dépend. Cela dépend de ce que l’on entend par « il faut s’aimer ».

Si l’on entend « il faut s’aimer » parce que c’est ça qu’il faut faire pour être un bon élève spirituel, je dirais que l’on se fourvoie. Car ce que l’on cherche vraiment, ce n’est pas à « réussir », mais à être heureux et en paix. Or, croire que l’on n’est pas comme il faudrait ne contribue pas, à mon sens, à être plus en paix et plus heureux.

Si l’on entend « il faut s’aimer » dans le sens où, si on veut vivre l’amour, alors cela nécessite de s’aimer soi-même, je dirais oui, clairement.

En attendant, pour moi, la clef de tout changement profondément positif réside dans la capacité que l’on développe à s’accueillir soi-même avec douceur… y compris la part de nous bien éduquée qui dit que l’on « devrait » ceci ou cela! 😉

calin-nounours 

 

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2 commentaires

  1. Hello Lucile ! Quel magnifique article ! 300 % d’accord avec toi. Pour être en joie, ou tout simplement en paix, c’est par l’accueil de ce qui est, sans jugement ! Finalement, c’est simple. simple quand on a « trouvé » comment faire !!! Pas facile pour autant… Tu m’as fait rire… avec ta façon de présenter les « méthodes » successives pour y arriver. En effet, laisser tomber les fameuses « méthodes » permet d’être, et non plus de « faire » ! A très bientôt, Lucile, et encore merci d’avoir traité le sujet si clairement. et simplement !

    • Merci pour ton commentaire Domi, ça me fait très plaisir de te lire! Et oui, être, ça a l’air simple, mais ce n’est pas si facile! Quand j’ai travaillé comme prof au collège, j’étais paniquée à l’idée de faire face aux élèves sans rien avoir à dire ou à faire de bien précis, par peur de perdre le contrôle et de me faire déborder… ça m’a pris un an pour me décoincer et faire confiance… confiance que les élèves n’allaient pas me manger, d’abord, et confiance que je saurais m’adapter quoi qu’il arrive! 🙂 Merci les « élèves »! ❤

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